Avant d'acheter du STRONGALL du chantier META, sachez qu'il peut se fissurer.
Ce n'est pas une blague, lisez plutôt ce qui suit.

Les informations qui suivent sont le fruit d'une expérience personnelle suivie d'une étude approfondie de la chose. 

Voici un bref résume de mon expérience:
J'ai acheté une coque en STRONGALL dessinée par Michel Joubert, architecte professionnel, au chantier naval META. Après seulement, 80 heures de navigation, mon bateau voit sa tôle de fond se fissurer permettant à l'eau d'entrer...
De toute évidence, mon bateau en Strongall n'est pas d'une "robustesse fantastique" ni d'une "solidité vraiment diabolique" comme le définit la page 5 de la brochure META.
Après une première réparation infructueuse diligentée par META et un refus de META de prendre en charge une 2eme réparation.
Je lance une expertise et procédure juridique... Qui condamne META en 1ere instance, me condamne en appel, annule ma condamnation en cassation pour finalement me condamner en cour de renvoi pour avoir navigué dans des VAGUES !!!
11 années de procédure juridique pour une telle conclusion... De qui se moque t'on ???

En parallèle, tout au long de ces 11 années de procédure juridique, j'ai étudié l'architecture navale de manière pratique à travers la construction de bateaux selon mes propres plans (www.olivierdauxais.fr) mais aussi théorique à l'aide du livre "Architecture navale" de Dominique Paulet.

Puisque le Strongall fait l'objet d'un brevet d'invention (n°2408508 à L'INPI) qui le définit avec précision, j'ai donc commencé par lire la définition exacte du Strongall. Je me demande pourquoi l'expert, Jean-Jacques Mascart, n'a pas commencé par là ???

La définition du Strongall dit:
"Coque... en alliage léger d'épaisseur suffisante pour éviter les renforts classiques, tels que membrures, lisses ou barrots."

Pour déterminer l'épaisseur suffisante, nous entrons dans le domaine de la résistance des matériaux... Désolé, il y a un peu de mathématique dans les lignes qui suivent mais je pense que vous arriverez à suivre la démonstration.

Évaluons, d'abord, la pression hydrodynamique qui s'exerce sur les tôles de fond d'une coque de bateau en mouvement. Cette pression "P" (en Pascal) dépend de la longueur de flottaison "L" (en mètre) et du carré de la vitesse "V" (en m/s) selon la formule suivante: P = 1300 x L + 200 x V² (page 205 du livre de Dominique Paulet)  (1 nœud= 0.515m/s).

Dans le cas précis de ma coque qui fait 5m de long à la flottaison et naviguant à 25 nœuds (12,875m/s). La pression "P" est: 39653 Pa. (1300 x 5 + 200 x 12,875²)

La contrainte de flexion "σ" de l'aluminium AG4 MC (utilisé pour les coques en Strongall) est de 60 MPa (ou 60.000.000 Pa). Déterminons donc maintenant l'épaisseur nécessaire "e" (en mm) selon la formule e = 770 x d x √(P/σ) (Page 200 du livre cité ci-dessus).
"d" est la distance (en mètres) entre les renforts. Dans le cas du Strongall, puisqu'il n'y a pas de renfort, nous avons la distance entre les angles de coques qui constituent une zone forte. Dans le cas de ma coque, la distance "d" est de 1m environ entre le fond de coque et la muraille du bord. L'épaisseur "e" nécessaire est: 19,79 mm ( 770 x 1 x √(39653/60.000.000)).

Ma coque est en 8 mm d'épaisseur au lieu d'être en 20 mm comme le voudrait la définition du Strongall et notre calcul ci-dessus.

Mais alors, POURQUOI META n'a pas mis une épaisseur de 20 mm ??? CAR ce serait TROP LOURD !!!

Notons que nos calculs ont été fait pour une solidité "standard"... Si nous voulions une coque d'une "robustesse fantastique" et d'une "solidité vraiment diabolique", il nous faudrait en toute logique mettre encore plus épais que le résultat de notre calcul !!!

Et là, on n'en arrive à la limite du Strongall, voire à l'absurdité du Strongall qui n'a rien d'une invention géniale... En tout cas dans le monde du nautisme où il faut savoir construire SOLIDE et LEGER pour obtenir de belles performances.

Poussons un peu plus loin la démonstration. Imaginons mettre des renforts classiques avec une distance "d" de 30 cm (entre des redans extérieurs par exemple).
L'épaisseur nécessaire serait: 5,93 mm ( 770 x 0,3 x √(39653/60.000.000)).
Au poids de cette tôles de 6mm, il faudrait évidement ajouter le poids des renforts qui doublerait environ le poids total.
Pour une même solidité, une construction classique est donc beaucoup plus légère qu'une construction en Strongall.
Ou pour un même poids, une construction en Strongall est beaucoup plus FRAGILE qu'une construction classique en Aluminium.

C'est tellement vrai que les NGV qui voguent à 40 nœuds sont construits en "alu classique" et non en "Strongall".

A défaut de construire des coques d'une "solidité vraiment diabolique", on peut comprendre que META se soit battu comme un "beau diable" pour ne pas perdre son procès à travers ma malheureuse expérience car dans le cas contraire, cela aurait pu prouver sur le plan juridique et technique l'absurdité du Strongall... Voire la caducité de son invention...

Voilà, voilà... Espérant que ces infos vous soient utiles.

H Olivier Dauxais.


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